« Trêve de balivernes. Pour en finir avec l’hypocrisie » tel est le titre et le programme du bouquin signé Frêche qui va prochainement arriver en librairie. Marianne publie cinq pages d’extraits. Sortez vos mouchoirs !

Frêche est victime du « Regard porté par les intellectuels de gauche sur la province »… « Du dédain d’une certaine France envers une autre »… « Le Sud dérange tout autant que ma personnalité »… « Au PS, je ne suis pas en odeur de sainteté. Alors ils m’en veulent »…Il invoque la Terreur, Staline, Mao… Rien que ça !

Frêche occupe de plus en plus le terrain du populisme. Un populisme invertébré, ni de gauche, ni de droite !

Mais, rassurez-vous, Saint-Georges n’est pas tout seul face au dragon parisien. Il a derrière lui le peuple. Peuple intelligent qui sait à quoi s’en tenir : « Mais il y a un phénomène que les grands de ce monde n’avaient pas prévu : que le bon peuple reprendrait la main ! Pourquoi ? Parce que, même s’ils se hâtent de juger, les gens détestent être trompés. Ils se renseignent, ils parlent. Et souvent ils rétablissent la vérité. Autrefois il y avait le café du Commerce où chacun faisait entendre sa voix, mais celle-ci n’était pas très qualifiée, parce que les informations circulaient moins. Aujourd’hui, le café du commerce existe toujours au coin de la rue et il est mondial. Il s’appelle internet. Les gens se sont emparés de ces outils du savoir, imparfaits mais réels et bien vivants, que sont les blogs, les sites des journaux, des entreprises, du gouvernement, des politiques. Et devinez quoi ? Les gens se sont avérés mille fois plus intelligents que ce que les grands de ce monde et les sphères nordiques du pouvoir avaient imaginé. Ils ont fait eux-mêmes le tri des informations, des idées, ils se sont fabriqués leur propre opinion, en dehors des diktats des dinosaures du pouvoir. Eh oui, les gens ont changé : Ils savent. En corollaire, cela signifie une chose très importante : ils détestent être pris pour des cons… ».

Les cons sont devenus intelligents. Frêche tente de faire oublier son cours de science politique sur le Frêchisme : « La politique c’est une affaire de tripes, c’est pas une affaire de tête, c’est pour ça que moi quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse. »

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Légende : Frêche debout, sans canne. On doit ce miracle à Midi-Libre. Jusqu’où ira la complaisance du groupe de presse régional ?

Une bonne partie de la presse accrédite, avec Frêche, l’idée que les habitants du Languedoc-Roussillon seraient solidaires du président sortant de la région. Dans Marianne par exemple où Renaud Dély écrit : « L’exacerbation du conflit avec Paris aura permis à Georges Frêche de ressouder la région autour de lui »… « Tous contre lui, cette stratégie fonctionne à merveille, les sondages promettant au président sortant de la région une réélection triomphale… ». Curieuse lecture des sondages. 30% d’intention de vote au premier tour, 40% au second, Georges Frêche est loin d’avoir toute la région derrière lui. Il y a même une majorité très nette de Languedociens et de Catalans qui ne veulent plus de lui à la tête de la région.

Le populisme est une recette qui a fait ses preuves depuis longtemps, les despotes et les dictateurs ne jurent que par le peuple, son bon sens, son intelligence. C’est bien pour ça que Frêche y a recours.

« Avec ses arguments populistes, Frêche prend des voix aux populistes », a déclaré François Lamy, bras droit de Martine Aubry qui suit la situation en Languedoc-Roussillon. Une situation qui inquiète Le Pen. Voyant que Frêche était en train de siphonner son électorat, il a donc tenu, à Palavas, à envoyer un message clair à son électorat : « Choisir entre Georges Frêche et l’UMP, c’est changer de cabine sur le Titanic ».

Les extraits du livre de Frêche mettent mal à l’aise. Il est très désagréable de voir un homme censément très intelligent mobiliser d’aussi grossiers arguments que l’opposition entre le peuple du sud et l’élite nordiste. C’est impardonnable. C’est insultant pour le peuple de notre région. C’est aussi insupportable que le discours sur les cons. « Mais en posant sur sa douteuse logorrhée une étiquette populaire, il ne défend pas le peuple. Il le rabaisse », écrit Laurent Joffrin, directeur de Libération qui conclut son éditorial en écrivant : « Il aime à se rattacher aux grands du socialisme. Aucun d’entre eux, pas plus Blum que Mitterrand, n’a sacrifié la qualité de la langue à une soi-disant efficacité électorale. Au contraire, ils mettaient un point d’honneur à parler aux ouvriers avec la même exigence qu’aux intellectuels. Frêche se réclame de la social-démocratie. Il n’est que l’avatar un peu lamentable du social-féodalisme. Et Martine Aubry a cent fois raison de vouloir s’en affranchir. »(22 février).

Au passage Joffrin répond à Daniel-Cohn-Bendit qui dimanche a comparé Frêche à Mussolini. Il est totalement contre productif de répondre à Frêche par ce genre d’excès. Les siens suffisent ! On ne veut pas croire que le leader des Verts n’ait pas dans sa boîte à outils des concepts comme : populisme, clientélisme, communautarisme et despotisme.

Plus regrettable encore est l’absence d’explications de fond. Le despotisme Frêchiste, ou Bourquiniste dans les P.-O sont le résultat d’une décentralisation qui a oublié d’installer la démocratie, les contre pouvoirs. C’est ce qui a produit ce social-féodalisme.

Les candidats vont sortir leur programme, il faut espérer y trouver des réponses sur le type de gouvernance qu’ils proposent. Certes avec Frêche on a touché le fond. Mais sans un fonctionnement réellement démocratique, l’institution régionale retombera dans les mêmes travers.


"Le budget Annonces et insertions du conseil régional s’élève à 3 401 799 euros, toujours en 2008, sur une seule année. Combien sont tombés dans les caisses des organes de presse régionaux ? Nous pouvons pour certains, L’Agglorieuse (Montpellier), Montpellier journal, La Semaine du Roussillon, Le Petit Journal, Perpignan-toutvabien… répondre précisément. Ils n’ont pas eu un seul euro. Etre un contre-pouvoir indispensable à la vie démocratique ne paie pas. D’où la situation précaire de tous ces titres. Voire la grande fragilité de certains."

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