08mar 2010
Bourquin défend la corrida devant le parlement de Catalogne
19:57 - Par Fabrice THOMAS - 2010
« L’idée générale de mon propos, je le dis en introduction, c’est de ne pas prendre formellement position pour ou contre la corrida mais défendre les manifestations populaires, les traditions et plus généralement la liberté et la tolérance », a déclaré Christian Bourquin en préliminaire à son intervention devant les parlementaires catalans, le 4 mars.
La ruse est un peu grossière car Christian Bourquin fait partie du contingent des quinze défenseurs de la corrida. Cause qui n’est pas facile à défendre, c’est pourquoi Bourquin procède par évitement et se présente en défenseur des fêtes et traditions populaires dont la corrida ne serait qu’une des manifestations.
Car, pour lui, il y a une tradition de corrida dans les P-O. Il l’a rattache aux jeux et courses avec des taureaux lors des fêtes de village. Des pratiques depuis longtemps éteintes. Et ce n’est pas quelques poignées d'aficionados qui enracinement la corrida. Hommes et animaux, tous les acteurs de ce spectacle viennent d’Espagne. Sans cela point de tauromachie dans les P-O.
La ficelle est grosse. Comme toujours chez Bourquin.

Légende : Bourquin a brandi un dessin « qui résume mon propos lorsque j’ai des débats engagés. D’un côté l’entrée avec un boucher pour l’abattoir et de l’autre côté avec le torero à l’entrée de l’arène. En fait une histoire de bovins. Celui qui entre à l’abattoir dit à l’autre tu es un sacré veinard et celui qui rentre dans l’arène dit à l’autre tu es un sacré planqué. Allusion au fait que l’un vit huit mois et l’autre qui vit au minimum quatre ans. »
Bourquin a ensuite défendu la corrida aux noms des valeurs de la République. Ce qui a irrité nombre de parlementaires et de journalistes : « Cette tradition qui s’inscrit dans un espace de liberté qui à mon sens convient de préserver au nom justement du principe de tolérance. Et d’ailleurs en France dans notre République nous avons cette notion forte traduite par notre devise de la République qui dit en trois mots, Liberté, Egalité, Fraternité. Et chaque fois qu’il y a un débat, un débat profond on voit bien que l’on peut retrouver et se raccrocher à ses trois principes. »
Toujours donneur de leçons il ajoute : « On ne peut pas faire abstraction de la notion de la liberté et du pluralisme qui sont des valeurs au nom desquelles il a fallu parfois dans nos pays durement combattre. En Pyrénées-Orientales, notre département a toujours été tolérant de ce point de vue-là et je formulerai le vœux que nos cousins catalans le restent aussi ».
Et cette perle : « S’en prendre à la corrida c’est d’une certaine façon s’en prendre à un espace de liberté, à un exemple de pluralisme et également de respect des minorités ». Un raisonnement avec lequel il pourrait défendre le port de la burqua.
Bourquin n’est pas en panne de mauvais arguments : « J’ai moi aussi en face de moi, certes ils sont très minoritaires, des anti-corridas qui essaient de mener des manifestations comme j’ai vu en entrant ici, qui essaient de dire, le sang et tout cela. Souvent je vais au contact d’eux, leur dire aidez moi en tant que citoyens du monde à combattre d’abord tous ses problèmes posés au niveau des humains dans ce monde. Je ne peux m’empêcher d’évoquer ces priorités pour les humains, sur ces enfants qui meurent de faim au Darfour ou ailleurs. Je ne peux pas m’empêcher de penser que tous les jours en Afghanistan, aujourd’hui meure un enfant. »
L’argument est éculé. Mais ça n’empêche pas Bourquin de le ressortir. On ignorait qu’il agissait contre la faim dans le monde. Mais quand bien même cela serait-il vrai, faut il tolérer la souffrance animale parce qu’il y a des hommes qui souffrent ? C’est évidemment absurde. La position de Bourquin repose sur l’omission complète de ce qui fonde l’opposition à la corrida. Il n’évoque jamais la souffrance animale.
Sa suffisance a conclu sur une note arrogante : « Il n’y a plus une Catalogne Sud et une Catalogne nord, il n’y a qu’une Catalogne. On le dit très facilement sur le fait culturel. Et bien ce souhait que nous avons de gommer la frontière pour ne laisser que les Pyrénées, j’ai envie de vous dire, faisons en sorte de ne pas avoir une division naissante qui consisterait à dire qu’il y aurait une Catalogne tolérante et une Catalogne qui ne le serait pas. Voilà mon mot de la fin. ».
Commentaire d’un confrère de Barcelone, Bourquin a été tellement mauvais et ridicule qu’il a desservi le camp des défenseurs de la corrida.
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