Jean Castex a, jeudi 11 mars, été convoqué devant le tribunal correctionnel. Il est poursuivi dans le cadre d’une citation directe par le syndicat des employés de la ville de Prades qui est rattachée à la Fédération autonome de la fonction publique territoriale.

Du côté de la Fédération, Bernard Martinez explique que le syndicat a demandé l’application de la législation qui prévoit que des locaux doivent être mis à sa disposition. Après vingt-quatre mois et six courriers en recommandé, la mairie a fini par fournir ce local, en janvier dernier. Mais avec des restrictions. Le local n’est accessible qu’entre 8 et 12 heures et 14 et 18 heures.

Dans une septième lettre recommandée restée sans réponse, le syndicat demandait l’application des textes qui selon lui prévoit un accès 24 heures sur 24. Il explique que l’activité syndicale se déroule principalement en dehors des heures de travail et surtout en fin de journée.

Bernard Martinez ne cesse de s’étonner que quelqu’un qui vient d’un ministère et exerce des hautes fonctions s’entête dans ce comportement, « C’est bizarre », répète t’il.

Dans un communiqué remis par maître Bonet, son avocat, le maire de Prades explique que le litige ne porte que sur la mise à disposition du local 24 heures sur 24 : « Car la municipalité estime que laisser l’accès libre en dehors des heures ouvrables à la mairie où sont entreposées les armes de la police municipale et les titres sécurisés serait déraisonnable. Au contraire, au vu du nombre de membres de ce syndicat, l’accès durant les heures ouvrables, comme cela se fait partout, suffit très largement à exercer pleinement la liberté syndicale ».

Chaque partie se réfère aux textes de loi qui fixent l’exercice du droit syndical. L’affaire sera plaidée en septembre et les juges diront le droit.

Mais pourquoi cette affaire arrive t’elle quelques jours avant les régionales ? Bien sûr parce qu’il y a un complot !

« Comme par hasard, à la veille du premier tour des élections régionales, un syndicat non représentatif au plan national a produit une citation à comparaître à mon encontre pour défaut de mise à disposition d’un local syndical à la mairie de Prades », écrit Jean Castex dans son communiqué. Réaction compréhensible. En politique, les coups qui volent bas sont si fréquents.

Un syndicat des collectivités territoriales a forcément face à lui des élus de tous bords. Si certains syndicalistes peuvent ménager ou au contraire cibler certains politiques, cela ne semble pas être la ligne de conduite de Bernard Martinez. Il a dernièrement fait lourdement condamner le socialiste Pierre Aylagas pour des faits d’entraves à l’action syndicale.

En ce qui concerne la représentation de la FA-FPT, Bernard Martinez précise qu’avec 34% des suffrages, elle est le premier syndicat des P-O dans les collectivités territoriales et que le syndicat de Prades qui y est rattaché est de loin le plus important syndicat de la ville.

Ajoutons que le syndicat est défendu par maître Codognès. L'avocat était à l’audience représenté par un collaborateur, car au même moment, il était avec une ex magistrate, Eva Joly. La députée européenne était en visite à Perpignan pour soutenir la liste d’Europe Ecologie.


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