07juin 2010
Salanque : le candidat UMP poignardé par les siens
19:11 - Par Fabrice THOMAS - 2010
On s’attendait à une faible participation à l’élection cantonale visant à élire un nouveau conseiller général en remplacement de Fernand Siré. On s’attendait aussi (nous l’avons écrit dans le Petit Journal) à ce qu’aucun candidat ne franchisse la barre qualificative des 10% des électeurs inscrits pour être présent au second tour. A défaut, ce sont donc les deux candidats qui ont réuni le plus de suffrages qui s’affronteront au second tour, le 13 juin.
La Salanque aura dimanche prochain un conseiller général dont la légitimité démocratique ne pèsera pas lourd. Certes les élections partielles déplacent rarement les foules. Mais quand même. On passe de 75% de participation lors de l’élection de Fernand Siré en 2004 à 40%. Quel plongeon ! Cette élection partielle arrivant près du renouvellement (par moitié) du conseil général, le mandat du nouvel élu sera de courte durée. Jusqu’à la prochaine élection cantonale, début 2011.
Peu de suffrages séparent les trois candidats arrivés en tête. Alain Got : 1 578 voix. José Puig : 1 521 voix et Louis Carles 1 496 voix. Ce dernier, maire de Torreilles, candidat investi par l’UMP fait les frais de la candidature de l’ancien maire du Barcarès, candidat du CNI, 1 102 voix. Alain Ferrand qui est membre de l’UMP et de son comité départemental.
Louis Carles paie aussi l’absence de soutien de Fernand Siré, député UMP de la circonscription couvrant la Salanque. Il n’a pas fait la moindre apparition à une réunion électorale de Louis Carles, y compris à celle Saint-Laurent-de-la-Salanque. Il n’avait pas davantage soutenu Dupont, candidat UMP à la succession d’Arlette Franco à la mairie de Canet.
Louis Carles paie également le lâchage de Jacqueline Irlès, la toute nouvelle présidente départementale de l’UMP. Elle devait diffuser à la presse un communiqué de soutien à la candidature de Louis Carles pour lequel les sept parlementaires UMP (députés, sénateurs, parlementaire européen) des P-O avaient donné leur accord, y compris, il faut le souligner Fernand Siré. Mais ce communiqué n’est jamais arrivé.
Le soutien de Fernand Siré aurait apporté des suffrages à Louis Carles, en particulier à Saint-Laurent, ville majoritairement à droite ou le candidat de l'UMP ne fait 16% des voix.
Pour être élu, de justesse, à la présidence de l’UMP, face à Jean Castex, Jacqueline Irlès s’est appuyée sur les cadres de l’UMP de sa circonscription et sur une partie de ceux de la circonscription de Fernand Siré. Elle a en particulier obtenu le soutien des Ferrand. Ils pèsent un grand nombre de cartes de l’UMP. Pas regardante, la dame est aussi allée chercher le soutien du clan Bouille.
En ne rendant pas public le soutien des parlementaires UMP, la dame du lac a de toute évidence renvoyé l’ascenseur aux Ferrand. Elle aura de nouveau besoin d’eux, cet automne, lors de la nouvelle élection du président départemental de l’UMP. L’ensemble des instances seront renouvelées dans le cadre du congrès national.
La présidente de l’UMP se devait également de réagir à la candidature dissidente d’Alain Ferrand. Elle devait publiquement annoncer les inévitables sanctions internes, voire son exclusion de l’UMP.
Ajoutons que l’échec de Louis Carles fait aussi les affaires d’un Fernand Siré qui n’a pas envie de voir un rival apparaître au sein de l’UMP sur la deuxième circonscription.
Louis Carles, peut dire MERCI à ses amis de l’UMP. Aux Ferrand, à Fernand Siré, député UMP et surtout à Jacqueline Irlès, député et présidente départementale de l'UMP.