21juin 2010
Midi libre interviewe Frêche en slip
17:29 - Par Fabrice THOMAS - 2010
On attendait, en juillet, le retour de Georges Frêche marchant sans canne. Mais le voilà, avant le terme, en slip dans sa chambre de la clinique de Fontfroide. « Le désir de Midi-Libre d’être le premier à faire l’interview a certainement rencontré l’impatience de Frêche à retrouver les médias », commente un des plus fins observateurs de la scène politique régionale.

Si à la une du Midi-Libre du dimanche 20 juin, l’image est cadrée sur le torse de Georges Frêche en polo noir Lacoste, la grande photo, en pages intérieures montre Frêche assis à côté de son lit, face au journaliste. Toujours avec le même polo, mais en slip avec une jambe couverte d’un bas de contention.

Frêche ne pouvait-il pas mettre un pyjama, un jogging, une robe de chambre pour recevoir un journaliste et un photographe ?
Mais c’est le Midi-Libre qui fait le choix de publier cette photo.
Le Midi-Libre ne s’est pas satisfait d’être le premier à faire l’interview du président de la région après son opération. Il fait cet entretien dans la chambre de clinique et il le montre photo à l’appui. Il est rare qu’un homme politique se laisse photographier dans sa chambre de clinique ou d’hôpital et qui plus est… en slip ! Situation également inhabituelle, le journaliste est dans l’image, comme pour bien souligner son rôle, son accès à l’intimité de Frêche.
Traitement rédactionnel très people. Pas seulement en images. On a droit au « médecin personnel » qui passe la tête et dit : « Désolé Georges, même si ça t’emmerde, t’es là pour faire ta rééducation et tu l’as pas faite… ». Le chapo du papier, une pleine page, nous apprend que Frêche est « Plutôt fatigué et parfois déprimé ».
L’interview est découpée en trois parties. « Il se plaint d’avoir le moral à zéro », titre la première. « Et le moral ? », demande Patrick Nappez : « Parfois j’ai le moral à zéro, mais ce n’est pas lié à la maladie. Aujourd’hui ça va ! Le moral ne se contrôle pas», répond Frêche. On croirait lire Gala, Voici ou Paris-Match.
Titre de la deuxième partie : « Il évoque sa succession et sa mort » et dernier titre : « Il reste toujours critique avec le PS ».
Des jugements à l’emporte-pièce, des sentences définitives sur d’innombrables sujets. Une interview de Frêche de plus. Toujours le même disque lu et entendu jusqu’à la lassitude durant la campagne électorale. Ce n’était qu’il y a à quelques mois.
Sortant de plusieurs mois d’une campagne fiévreuse dont il était la vedette, Frêche est passé d’une suractivité à l’inactivité puis à la situation de malade opéré. Des plateaux télé à la salle d’opération. Il y a de quoi avoir le blues. Mais pas de quoi faire un article. Où est l’information ?
Frêche a de nouveau fait la une et dispensé ses oracles. Et si après ça le moral du grand malade ne s’améliore pas, il suffira d’envoyer un autre journaliste à son chevet.