PS : dimanche 4 juillet. André Cremer est décédé.

Après le drame, sous l’effet de l’émotion et de la colère, à une heure où les délinquants n’ont pas encore posé le pied dans la rue, la parole se libère. Les gens normaux, ceux qui étudient, qui travaillent, où sont retraités, et ils sont encore majoritaires à Saint-Mathieu, parlent assez facilement du climat oppressant qui règne dans le quartier.

La présence des dealers est un sujet qui revient dans toutes les conversations. Ils sont là, en permanence et à plusieurs endroits. Leur présence et la nature de leur activité n’échappent à personne. Cette visibilité est pour beaucoup dans l’impression qu’ici les délinquants font la loi.

Les vols de toutes sortes, cambriolages, compteurs EDF et lignes téléphoniques piratés, les menaces, les insultes, les agressions, les dégradations diverses et variées, sont le quotidien de ce quartier.

Le racisme est également un sujet récurent. Celui ou celle qui ne se laisse pas marcher sur les pieds se voit immédiatement traité de « raciste ». Ce n’est pas nouveau. Il y a déjà belle lurette que la racaille a dévoyé l’antiracisme pour se présenter en victime. Le propos qui stigmatise la couleur, celle des blancs, est très fréquent. Celui qui en est victime en tire la désagréable impression d’être persona non grata dans le quartier.

L’agression d’une extrême lâcheté qui a été commise mardi dernier à 19h10 à l’angle de la rue Petite la Monnaie et de la rue Derroja a traumatisé le quartier. On en parle encore et encore. Que l’auteur soit d’origine gauloise ou de l’autre côté de la Méditerranée n’est pas l’objet des discussions. Les habitants demandent plus de policiers. Pas des voitures qui traversent le quartier, mais des patrouilles à pied. Ils demandent aussi plus de caméras.

L’auteur de l’agression sur les deux octogénaires a rapidement été identifié et interpellé. La bonne réactivité de la police nationale, en particulier l’action de policiers déterminés, et la collaboration avec la police municipale ont été décisives. L’auteur a été filmé par la caméra de vidéo surveillance. Un élément de preuve qui pèsera lourd lors du procès.

Rappelons qu’une dame de 82 ans s’est fait arracher son sac et que son compagnon de 88 ans, après un geste spontané pour la défendre, aurait, semble-t-il été projeté violemment sur le sol où sa tête a heurté une plaque d’égout. Porter la main sur des personnes d’une aussi grande vulnérabilité est véritablement criminel.

Monsieur André Cremer est à l’hôpital de Perpignan dans un état jugé des plus préoccupants. Le pronostic vital est engagé.