Sur 33 élus - en comptant le maire - 16 ne font pas confiance au capitaine. Les 16 autres passent leur temps à écoper et à tenter de colmater les voies d’eau qui se multiplient au fil de la navigation hasardeuse du maire.

La situation s’est encore aggravée lors des deux dernières réunions du conseil municipal, marquées par le grand retour d’Elie Puigmal après six mois d’absence.

Mardi 29 juin, le conseil se réunissait avec le même ordre du jour que le 22 juin. Ce jour-là, le conseil n’avait pu siéger, le quorum (la majorité) n’étant pas atteint. Les élus du groupe les Indépendants (opposition) demandaient à vérifier les délégations de vote données par les élus absents.

Ils découvraient que la délégation de vote d’une conseillère municipale très souvent absente, Carole Castel, ne comportait pas le nom de l’élu auquel elle donnait son pouvoir. La délégation de vote de Saïda Mérasli, première-adjointe, et celle de Martine Moulet, n’étaient pas datées. A ces trois délégations non-conformes d’élus de la majorité, s’en ajoutait une établie par Mathieu Khédimi, du groupe Mouvement Citoyen.

Contre toute évidence, Elie Puigmal considéra que les procurations étaient valables…. Sauf une, celle de Mathieu Khédimi… Il manquait la date, comme sur celles de mesdames Mérasli et Moulet.... Mais M. Khédimi siège dans l'opposition.

Il semble, alors que la réunion du conseil se poursuivait, que des agents de la police municipale ait été envoyés au domicile ou au travail d’élus afin de leur faire compléter les procurations. Mais pour être valable, il fallait que les délégations soient conformes en début de la séance.

Les élus d’opposition ont exprimé l’intention de faire un nouveau recours au tribunal administratif.

Le conseil municipal était de nouveau convoqué pour le lendemain, en exécution d'une décision du tribunal administratif.

Le refus, plusieurs fois répété du maire ou, en son absence, de sa première-adjointe, madame Mérasli, de répondre à des questions d’élus de l’opposition avait conduit le groupe Les indépendants, présidé par Jean-Jacques Vila à faire un recours en référé devant le tribunal administratif. Le juge leur a donné raison et a ordonné : « Il est enjoint au maire de Saint-Estève d’organiser une séance du conseil municipal destinée à permettre d’exposer les questions qui n’ont pas encore reçu de réponse, et d’y répondre.»

C’est ainsi que tout le monde, ou presque, se retrouva mercredi 30 juin à 18h30. Le débat tant attendu allait avoir lieu. Mais Elie Puigmal prit la parole, pour annoncer, immédiatement et avant toute chose qu’il n’y aurait pas de débat. Ce qui déclencha des réactions, Jean-Jacques Vila prenait la parole pour dénoncer le déni de démocratie, une partie de la salle scandait « Le débat, le débat » et, pendant ce temps, Elie Puigmal lisait rapidement de brèves réponses à la dizaine de questions. Cinq minutes après, il levait le conseil municipal. Le grand sourire triomphal qu’il affichait disait, de toute évidence « Je vous ai bien eu »….

Elie Puigmal ne se serait jamais retrouvé dans une situation aussi inconfortable s’il ne choisissait pas, à chaque fois, la plus mauvaise option, la plus bête, la plus brutale. Son comportement déroutant ne fait qu’enfoncer, toujours un peu plus, la commune dans la crise.