La délibération numéro 49 de la dernière session du conseil général est ainsi libellée : « La poursuite des vacations réalisées par M. Denis Peschanki s’avère indispensable dans le cadre du fonctionnement du Mémorial de Rivesaltes… »

On est content d’apprendre que le mémorial du camp de Rivesaltes est en « fonctionnement ». Il est vrai que Christian Bourquin avait annoncé son inauguration pour 2006. Nouvelle qu’il avait portée à Jérusalem, Madrid, Genève, New-York… Mais ce sont des choses qu’il ne faudrait pas rappeler car toute parole déviante concernant le Mémorial est automatiquement taxée de "Vichyste" par le président du conseil général.

Poursuivons la lecture de la délibération : « Ces vacations seront rémunérées 173,19 euros brut de l’heure, à raison de 14 heures en moyenne par mois, sans excéder 140 heures sur une période de 12 mois ». 173 euros de l’heure ! Ce n’est pas de l’expertise de femme de ménage.

Heureusement que M. Peschanski ne fait pas 35 heures par semaine. Sur une base mensuelle (151,67 heures) ça ferait un salaire de 26 267 euros. Ce tarif horaire est beaucoup plus élevé que celui qui correspond au salaire, un peu plus de 5 000 euros que perçoit M. Peschanski comme directeur de recherches 1ière classe au CNRS.

Quand M. Peschanski prend à Paris le premier avion et rentre par l’avion du soir, il a fait ses quatorze heures pour 2 424 euros. Et ça fait des années que ça dure.

Mais puisque le Mémorial de Rivesaltes n’est pas en « fonctionnement », que fait cet « indispensable » monsieur ?

Historien du communisme français puis de Vichy, Denis Peschanski préside, depuis pas mal d’années, le conseil scientifique du projet de Mémorial. Nous voulons croire que sa collaboration avec le conseil général est moins fantaisiste que la délibération qui s’y rapporte. Mais il faut tout de même signaler l’absence de toute publication scientifique sur l’histoire du camp de Rivesaltes.

Cela dépasse sans doute les compétences de M. Peschanski, mais les conseillers généraux, premiers concernés par l’opération ne savent toujours rien du projet. Christian Bourquin fait illusion avec la maquette de l’architecte Rudy Ricciotti. Le projet de Mémorial est une coquille vide. Christian Bourquin l’utilise pour mener une campagne contre le gouvernement en l’accusant de ne pas vouloir financer le projet.

Il n’y a pas de mots pour qualifier l’utilisation de la mort de plusieurs milliers de personnes et la souffrance de dizaines de milliers d’autres à des fins politiciennes.

Bourquin se prévalait d’un soutien financier de la Fondation pour la Shoah en disant que seul l’Etat, qu’il avait traité de Vichyste, faisait défaut. La Fondation n’avait en fait, comme nous l’avions révélé, pris aucune décision. Et pour cause… Elle n’avait pas reçu la demande accompagnée du dossier de présentation du projet.

Tout cela, M. Peschanski peut-il l’ignorer ?

Nous avons, sans surprise, découvert que Denis Peschanski était membre du PS et secrétaire de la section de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine).