09aoû 2010
Polémique sur les Roms et les gens du voyage
15:41 - Par Fabrice THOMAS - 2010
« Roms, gens du voyage : ce qu’ils vivent », titrait l’Indép du 7 août. Le sous-titre donne le ton : « Au même titre que les gitans, les roms et les gens du voyage sont stigmatisés par le discours sécuritaire. Qu’en pensent-ils ? Nous les avons rencontrés.» L’approche est dès le départ plus idéologique et politique que journalistique.
En matière de stigmatisation, la gauche s’y entend. Les accusations de racisme et de fascisme jaillissent toujours très vite. Comme on le voit sous la plume d’Isabelle Goupil : « Cette nouvelle stigmatisation dont l’histoire a montré vers quelles atrocités elle pouvait dériver.» Faire un tel rapprochement entre ce que dit le président de la République, la déportation, l’extermination de populations Roms et tsiganes par les nazis est à la limite de l'ignoble.
L’article commence par le rappel de la prise de position de gitans de Perpignan à la suite des déclarations de Sarkozy. Gitans de Perpignan dont les sociologues plus ou moins marxisants ont fait des victimes. Jamais ces hommes, ces femmes, les responsables communautaires ne sont mis face à leur responsabilité. La résistance massive à la scolarisation, ce véritable crime, devrait pourtant être dénoncée. Impossible, les gitans ne peuvent qu’être victimes.
Utiliser le versement des allocations familiales pour contraindre à la scolarisation ? N’y pensez pas ! La mesure était à la disposition des conseils généraux, mais ceux qui étaient dirigés par la gauche ne l’ont pas appliquée (Il a d’ailleurs fallu, il y a quelques mois, faire évoluer la loi pour pouvoir utiliser cette possibilité afin de contraindre les familles à scolariser les enfants). La gauche n’aime pas l’autorité, la contrainte. Elle est pour la liberté de porter le voile intégral, pour la liberté de ne savoir ni lire, ni écrire, pour la liberté d’échapper à ce cadre de sociabilisation qu’est l’école.
Sans le respect d’un certain nombre de règles, la vie en société devient un enfer. C’est sur cette pente qu’est la société française. Dans certains quartiers plus que dans d’autres, mais le mal gagne, partout.
L’article de L’Indép est un modèle du genre "politiquement correct". Les nomades de diverses appartenances sont donc présentés comme des victimes.
Entre angélisme et stigmatisation, deux positions idéologiques, la réalité, les faits, trouvent difficilement leur place.
Isabelle Goupil est allée à la rencontre des nomades installés sur l’aire de grand passage située à la sortie de l’autoroute Perpignan Sud: « 40 caravanes d’une mission évangélique.» Dommage qu’elle ait limité son angle à l’état de l’aire. Il aurait été intéressant de savoir de quoi vivaient ces familles ? Minimas sociaux ? Activités professionnelles ? Lesquelles ? Comment sont achetées ces caravanes et ses fourgons rutilants ? Ces questions sont pourtant récurrentes. On fait l’impasse sur les questions qui pourraient contrarier le statut de victime des communautés. Cela fait partie d'un traitement rédactionnel habituel et formaté.
Les journalistes n’ont pas à choisir entre une posture idéologique ou une autre. Ils sont là pour décrire la réalité dans toute sa complexité, pas pour sélectionner les éléments qui collent à une vision pré établie et écarter ceux qui s’en éloignent.