« Bienvenue à nos touristes. Soyons les ambassadeurs des Pyrénées-Orientales ». En regardant la signature de la campagne de com du conseil général on découvre la mention « création CG66 ». Pas étonnant. Même la plus mauvaise agence de publicité ne pourrait accoucher d’une création aussi médiocre.

Le génie de Millas a encore frappé ! Christian Bourquin se targue de concevoir lui-même les campagnes de communication du conseil général. On lui doit déjà (entre autres) la campagne de lutte contre les incendies affichée chaque année « Cessez le feu ».

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Cela correspond à un phénomène que l’on connaît bien. Moins l’homme politique est intelligent et plus il est convaincu de l’étendue de son savoir et de l’importance de ses capacités. Il tranche, sur tous sujets, avec assurance et autorité. Et ce ne sont pas ses courtisans qui vont remettre en cause son omniscience.

Voilà comment on se retrouve avec une campagne de pub archi nulle. Mais ce n’est que le sommet visible de l’iceberg. La com étant faite pour être vue, on voit !

Cette histoire d’ambassadeurs, Bourquin la traîne de façon quasi obsessionnelle, depuis des années. Il était, aux débuts des années 2000, question des 400 000 habitants qui devaient être autant d’ambassadeurs des Pyrénées-Orientales, à l’exception de quelques centaines de personnes qui selon lui empêchaient le département d’avancer et à qui il fallait mette un coup de pied au fesses. Discours despotique facile à décoder.

Bourquin a ramené cette idée de Montpellier. Georges Frêche l’utilisait à la fin des années 1980 en demandant aux habitants de la ville d’être "210 000 ambassadeurs" : « En vacances à Quimper ou en déplacement professionnel en Suède, grâce à la communication interne, à une adhésion en profondeur aux grands projets, les Montpelliérains vantent et vendent leur ville. Comme le tam-tam d’Afrique, le bouche à oreille de ces ambassadeurs est plus puissant que tous les moyens de communication moderne et toutes les campagnes médiatiques » (Georges Frêche, La France ligotée, page 179, 1990, Belfond).

Frêche a lui toujours fait appel à des publicitaires, souvent des bons, comme Henri Meynadier d’Anatome, Daniel Boulet de RSCG… Et maintenant Pascal Provencel de Synthèse devenue Sens Inédit.

Bourquin a recyclé une idée, pourquoi pas, mais sans y apporter la réflexion qui aurait pu faire une bonne campagne. De toute évidence, il manque l’image, l’identité, un ou des visuels renvoyant à la richesse des paysages, du patrimoine, des productions locales pour faire vivre les slogans. Le sourire d’un vigneron ou d’une vigneronne ne ferait il pas mieux passer l’idée d’accueil que ces slogans maladroits plaqués sur ce graphisme sans âme ?

Pourquoi Bourquin qui a pendant dix ans communiqué sur LE PAYS CATALAN revient il au département ? Il se pourrait que le nom Pyrénées-Orientales ait retrouvé de la valeur depuis que Bourquin, qui ne pense plus qu’à ça, a décidé d’en devenir sénateur. C’est mesquin. Mais instruits par dix années, on ne peut pas s’attendre à autre chose.

La communication ne doit elle pas donner une image et une image qualitative des P-O comme territoire touristique et pays producteur de fruits, légumes, vins ? La démarche qualité est aujourd’hui le maître mot du développement touristique, agricole... La campagne de Bourquin est, au contraire, creuse et dévalorisante.

PS : Vous noterez qu’à Millas on se conduit en ambassadeurs. Les militants de la FLAC, Fédération pour l’abolition des corridas en ont fait l’expérience lors de la Féria. La dizaine de personnes (une majorité de femmes) qui défilaient pacifiquement dans le village ont été accueillies avec des insultes, des projectiles, des coups, et en particulier des coups de poing donnés par Bernard Lopez, le copain de Bourquin qui préside le comité d’animation. Depuis qu’il est allé prendre la parole au parlement de Catalogne pour défendre la corrida, Bourquin parle d’une Catalogne qui serait tolérante et l’autre qui ne le serait pas. Mais la Catalogne du Sud a organisé un débat parlementaire en donnant la parole à des partisans et des adversaires de la corrida. Ici, à Ceret, à Millas, les abolitionnistes se sont fait taper dessus. Qui s’étonnera de voir les esthètes du sang qui coule et de la mort tourner le dos à l’humanisme ?