24jan 2012
Bordeaux : Après le procès Bourquin et Provencel se sont retrouvés dans un temple de la gastronomie
22:31 - Par Fabrice THOMAS - 2012
Jeudi 8 décembre, après une rude après-midi au palais de justice de Bordeaux face à une présidente qui ne s’en était pas laissé compter, Christian Bourquin et Pascal Provencel devaient avoir besoin d'un peu de réconfort. Quoi de mieux que de se mettre les pieds sous une bonne table ?
Autant par décence que par prudence, les deux compères auraient pu songer à dîner chacun de leur côté ou bien à s’éloigner quelque peu de Bordeaux. Mais les voilà qui se retrouvent dans un des temples de la gastronomie du Bordelais. Deux étoiles Michelin, Relais et Châteaux 4 étoiles.
Les agapes de Bourquin et Provencel ne sont pas passées inaperçues. L’information a circulé dans le milieu médiatique, politique et judiciaire. Car, manque de chance pour les deux hommes poursuivis par favoritisme qui s’étaient évertués à vouloir convaincre la présidente Baret qu’ils n’étaient pas amis, il y avait ce soir là dans le restaurant, une personne, haut placée, à qui la présence du président de la région et de son publicitaire préféré n’échappa point et qui se fit un plaisir de raconter ce qu’elle avait vu.L'information est même arrivée dans quelques rédactions parisiennes.
En s’affichant ainsi les deux amis montraient, comme face au tribunal, qu’ils n’avaient que mépris pour l’institution judiciaire. N’avaient ils pas triomphé de cette justice qui avait mis douze ans pour les juger et qui au bout du compte avoua que ce temps record n’était pas « sans incidence sur la sanction prononcée » ? Le procureur n’avait pas requis l’inéligibilité. Champagne !!!
Ce qu’il y a de désagréable chez les barons du PS, ce n’est pas qu’ils apprécient le luxe. C’est qu’ils aient assez d’estomac pour le mépriser côté public et s’y vautrer côté privé. C’est Harlem Désir mangeant du caviar avec Julien Dray. C’est Jack Lang qui adore les pâtes. Oui, mais avec du homard. Plat qu’il déguste dans un très chic resto italien parisien. C’est Bourquin, l’homme des plaisirs simples qui ne se régale jamais autant qu’avec une pomme de terre arrosé d’un filet d’huile d’olive de Millas. C’est pourtant le même homme qui lançait des invitations à des repas à la truffe dans son resto privé du conseil général.
Qui a payé ce séjour dans un Relais et Château ? Bourquin était accompagné de plusieurs collaborateurs du conseil régional... Pour un repas compter 100 à 150 euros à condition de rester sage devant la prestigieuse carte des vins (on est à Bordeaux). La chambre est facturée 280 euros la nuit et la suite à partir de 400 euros.
Est-ce là l’ordinaire de M. Bourquin ?
La République et ses institutions ne sont pas compatibles avec un tel luxe. La République doit retrouver la sobriété, le sens de la mesure, la décence. C’est, quand on se veut le représentant des Français et plus particulièrement de ceux qui soufrent, une question d’honnêteté morale et intellectuelle.
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