Le 12e Festival du livre de Cabestany avait cette année pour thème La liberté d’expression. Quelle ne fut pas notre surprise, en lisant le programme de la manifestation de découvrir que les communistes se présentaient en défenseurs de la liberté de la presse ?
Ce qui est embêtant avec la gauche, nous le constatons sans cesse, c’est la formidable distance qu’elle met entre ses discours et ses actes.
Comme défenseurs de la liberté de la presse, les communistes se posent là. Et on ne va pas vous parler de ce qui se passe dans un des derniers paradis socialistes. Restons ici, dans les P.-O..
Voici une enquête (attention c’est long à lire) publiée il y a quelques semaines dans le Petit Journal. Elle montre que les responsables communistes des P.-O. sont plus préoccupés par le financement de leur parti artificiellement maintenu en vie que par la liberté de la presse.
Nicolas Garcia à Elne, Jean Vila à Cabestany
Les bulletins municipaux servent à financer le parti communiste !
En mars dernier, des commerçants d’Elne se plaignaient d’avoir été fortement incités à acheter un espace publicitaire dans le bulletin municipal. Démarchés par un commercial qui leur mettait sous le nez une lettre du maire, ils avaient l’impression de ne pas avoir le choix. Le bulletin municipal en question comporte 86 emplacements publicitaires. Espaces publicitaires dont le volume global dépasse celui consacré au rédactionnel. L’ours du journal (l’espace où se trouvent toutes les mentions légales) indique que la régie publicitaire a été confiée à Inter Perpignan Publicité. Mais les factures, et Le Petit Journal en a vu plusieurs, sont émises par Le Travailleur Catalan, hebdomadaire du Parti Communiste des Pyrénées-Orientales.
Une lettre qui n’arrive pas
Un habitant de la commune, Georges Pibernat, a eu envie d’en savoir plus. Il a donc écrit, en avril, à Nicolas Garcia pour lui demander la copie du contrat liant la mairie d’Elne à Inter Perpignan Publicité. Les jours, les semaines et le mois s’écoulent sans réponse de Nicolas Garcia. M. Pibernat saisit donc la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs). La CADA rend un avis qui oblige la mairie d’Elne à communiquer le document demandé. Mais M. Pibernat ne le recevra jamais. D’Elne à Elne, l’acheminement du courrier marche très mal. Le Petit journal a appris du directeur des services de la mairie d’Elne, Rémi Catala, qu’un courrier aurait été envoyé à M. Pibernat. Ce dernier s’adresse de nouveau à la CADA, mais celle-ci indique qu’elle n’a pas de pouvoir pour contraindre la mairie d’Elne à appliquer l’avis qu’elle a rendu. Elle conseille à M. Pibernat, c’est la voie normale, de s’adresser au tribunal administratif.
Une société dissoute il y a deux ans
Il se dégage la très forte impression que la mairie d’Elne n’a pas envie de communiquer le contrat la liant à Inter Perpignan Publicité… si celui-ci existe. Et pour cause ! Inter Perpignan Publicité est une société qui a été dissoute il y a deux ans. En avril 2007. En faisant des recherches sur la défunte entreprise, on apprend qu’elle était liée à la fédération du parti communiste des Pyrénées-Orientales où elle avait d’ailleurs ses bureaux. On apprend aussi qu’elle avait été dirigée par Jean Vila, maire de Cabestany. Pourquoi utiliser le nom d’Inter Perpignan Publicité ? « Pour cacher aux habitants que c’est le Parti communiste qui ramasse les sous », avoue un employé de la mairie d’Elne.
Pamphlet contre l’opposition
L’opposition municipale se saisit du dossier, écrit au préfet, au procureur de la République et envoie une lettre aux commerçants et entrepreneurs qui ont acheté un espace publicitaire. Henri Jonca, conseiller municipal, les informe, entre autres choses, du fait que le maire d’Elne est salarié du Travailleur Catalan. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré Nicolas Garcia au tribunal correctionnel devant lequel il a comparu en décembre 2008 dans l’affaire du lotissement du Coeur des Trilles. Il était poursuivi, et a été condamné, pour prise illégale d’intérêt. Nicolas Garcia répond à Henri Jonca dans une longue lettre qu’il adresse aux annonceurs. Cette lettre est un pamphlet contre son opposition, accusée d’avoir pris les commerçants en otage dans une entreprise politicienne. Aucune explication par contre sur le fait que le bulletin municipal indique le nom d’une entreprise dissoute deux ans plus tôt. Le maire noie le poisson et minimise : « Le problème se situe entre mon opposition et moi sur l’interprétation de textes administratifs affairant aux règles d’attributions des marchés publics liés à la publicité dans les publications communales ».
Cela prête à sourire quand l’on sait que le conseil municipal n’a jamais été informé, n’a jamais débattu, n’a jamais délibéré sur le sujet. Ce qui aurait dû être fait. Le passage des marchés par les collectivités locales obéit à des règles claires et strictes auxquelles la mairie d’Elne ne semble pas s’être soumise.
Le numéro 1 du PC des P.-O
S’appuyant sur les tarifs facturés selon la taille des espaces publicitaires, Georges Pibernat évalue le chiffre d’affaires publicitaire à 25 000 euros pour le seul numéro d’Elne citoyenne de mars 2009. Il ne semble pas pouvoir être inférieur à 20 000 euros.
Lors du conseil municipal du 25 juin, Jean-Claude Jourda, conseiller municipal d’opposition, interroge le maire sur les conditions de réalisation du bulletin municipal. Nicolas Garcia indique : « Qu’aucun des souscripteurs à une publicité n’a été trompé sur l’identité de l’éditeur car tous les reçus ont été faits au nom du Travailleur Catalan ».
Le numéro 1 du PC des P.-O. est un as de la dialectique. Mais le problème n’est pas où il fait semblant de le situer. Son attitude confirme que le nom d’Inter Perpignan Publicité est utilisé pour cacher celui du Travailleur Catalan qui, lui, renvoie directement au PC.
Combien pour le PC ?
Parlant de l’opération financière, Nicolas Garcia souligne que cette année les bulletins municipaux n’ont rien coûté aux contribuables illibériens. Il a, dit-il, « fait gagner de l’argent aux contribuables ». Quand il siégeait dans l’opposition Nicolas Garcia avait d’excellents arguments contre le financement du bulletin municipal par la publicité. Mais combien Nicolas Garcia a-t-il fait gagner au parti communiste ? Il indique que le bénéfice réel après déduction des frais « n’a pas excédé 4 000 euros ». Les coûts d’une semaine de la commercialisation, de la maquette et de l’impression de ce magazine de 24 pages tiré à 3 000 exemplaires ne dépassent pas 5 000 euros.
Le bénéfice doit donc être beaucoup plus important que ne le dit le maire d’Elne, dirigeant du PC et salarié du Travailleur Catalan
Les fournisseurs de la mairie
Le Petit journal a rencontré le gérant du Travailleur Catalan. Que le monde est petit !
Ce monsieur est aussi directeur général des services de la ville d’Elne. Rémi Cathala précise qu’il est gérant bénévole du Travailleur Catalan. Selon lui, la publicité couvre les frais, pas plus. Nous avons également rencontré Richard Siméon, agent commercial du Travailleur Catalan qui a démarché les commerçants d’Elne. Pour lui, il n’y a pas de vente forcée et la lettre du maire ne servirait pas à influencer, elle permettrait seulement de montrer que le Travailleur Catalan a une autorisation de la mairie.
Dans ce bulletin municipal qui est en réalité un bulletin de promotion du maire et de son activité, on trouve également des publicités d’entreprises qui sont des fournisseurs de la mairie. On sait ce que ce type de présence a d’ambigu. Car pour entretenir de bonnes relations et conserver ses marchés, une entreprise hésitera à refuser de mettre la main au portefeuille.
Pareil à Cabestany
A Cabestany, le bulletin municipal ne comporte pas de publicité, mais il est publié, une fois par an, une édition spéciale du bulletin municipal qui regorge de publicité. 96 espaces publicitaires dans le numéro de juin 2008. Les tarifs sont, à peu de choses près les mêmes que ceux d’Elne. Et ils sont élevés pour une publication qui tire à 4 500 exemplaires : 950 euros la page, 550 euros la demi-page… Même réaction des commerçants qui, pour beaucoup, se sentent obligés. Au regard des tarifs de publicité, les 20 000 euros de recettes semblent dépassés. C’est, là encore, une opération sur laquelle le Parti Communiste fait un bénéfice substantiel. N’est-ce pas d’ailleurs le but de l’opération ?
Jean Vila au parfum
Informée de ce qui se passait à Elne, Colette Appert, élue de l’opposition à Cabestany, a écrit au maire Jean Vila pour lui demander le contrat passé entre « La ville de Cabestany et la régie publicitaire du T. Catalan ».
Le T. Catalan ? C’est le nom qui apparaît dans l’ours du bulletin municipal. C’est le subterfuge employé pour cacher au lecteur que la régie publicitaire est assurée par le Travailleur Catalan. Il faudra près d’un mois et demi et deux courriers, plus un à la CADA, avant que Colette Appert ne reçoive la copie du contrat de régie publicitaire entre la mairie de Cabestany et Inter Perpignan Publicité-Le Travailleur Catalan. Pourquoi retrouve-t-on le nom d’Inter Perpignan Publicité sur ce contrat signé en 2008 ? Ayant été directeur de cette société, dont il détenait 20 % des parts, le maire de Cabestany ne peut pas ignorer qu’elle a été dissoute en 2007. Dans l’explication donnée au conseil municipal d’Elne, Nicolas Garcia dit qu’Inter Perpignan Publicité « a été reprise par le Travailleur Catalan mais que ce dernier utilise ce nom plus connu de la clientèle ». Vérification faite dans les statuts de la sarl édititrice du Travailleur Catalan, mis à jour en 2008, il n’y est pas question d’un quelconque usage de ce nom qui n’apparaît d’ailleurs pas.
Le T. Catalan
A Cabestany, la signature de ce contrat aurait dû être portée à la connaissance des conseillers municipaux dans le cadre de la communication des actes signés par le maire entre deux conseils municipaux.
Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait ? Si les élus de l’opposition étaient informés des problèmes soulevés à Elne par la collecte de la publicité au profit du Parti Communiste, Jean Vila ne l’était sans aucun doute pas moins. Y a-t-il eu une régularisation à posteriori ? Il est assez évident qu’en utilisant le nom d’Inter Perpignan Publicité dans le bulletin municipal d’Elne et celui de T Catalan dans celui de Cabestany, on cherche à dissimuler le rôle joué par une structure du Parti communiste pour financer l’activité de celui-ci. Et comme dans le bulletin d’Elne, on retrouve dans le bulletin de Cabestany des annonceurs qui sont des fournisseurs de la mairie. Pour être démarchées, il a fallu qu’une liste de ces entreprises soit fournie au commercial du Parti Communiste. Les réactions des élus de l’opposition des deux communes ont commencé à porter leur fruit. A Cabestany, le numéro spécial annuel du bulletin municipal n’est pas sorti en 2009 et à Elne le dernier bulletin municipal est sorti sans publicité.
Financement politique
Le Travailleur Catalan fait un chiffre d’affaires annuel de près de 300 000 euros. Pas mal pour un journal hebdomadaire dont la diffusion est confidentielle. Quelques centaines d’exemplaires vendus en kiosque et 1 500 abonnés selon une source bien informée, beaucoup plus selon le Travailleur Catalan lui même. Une diffusion qui ne répondrait pas aux critères pour être habilitée à recevoir les annonces légales. Un journal doit garantir une diffusion et une distribution chiffrées selon des critères fixées par la préfecture. L’objectif étant que l’information légale soit portée à la connaissance d’un grand nombre de personnes. Plus des deux tiers des recettes du Travailleur Catalan sont d’origine publicitaire. Avec deux annonceurs, le conseil régional et le conseil général qui pèsent très lourd dans les comptes. Il faut dire que les communistes sont dans la majorité de Frêche et de Bourquin. Le volume d’achat d’espace est trop considérable pour ne pas avoir un caractère politique. C’est du financement politique déguisé. Une situation à mettre en regard avec ce que reçoivent La Semaine du Roussillon et Le Petit Journal, les deux autres hebdomadaires du département. Rien ! Pas un euro !
Fabrice THOMAS
Vila furieux, Garcia tout aussi furieux, ont fait entendre leur voix indignée dans l’enceinte des conseils municipaux de Cabestany et d’Elne. Le Travailleur Catalan a consacré à l’affaire une page écrite au vitriol.
Pourquoi les responsables du PC n’ont ils pas porté plainte en diffamation contre Le Petit Journal ? Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que L’Indép qui ramasse des condamnations. Faut il penser que Jean Vila ne souhaite pas amener les sujets politiques sur le terrain judiciaire ? Et bien non. Car il a récemment traîné un de ses opposants devant les tribunaux.
Ni plainte, ni droit de réponse. Ce que raconte Le Petit Journal serait donc vrai.
Lecteurs, lectrices de perpignan-toutvabien, ne partez pas avant d’avoir lu l’article de Sébastien Pouilly, Directeur et rédacteur en chef du Travailleur Catalan.
Il faut d’abord vous dire que nous avons eu beaucoup de mal à trouver Le Travailleur Catalan chez un marchand de journaux. Nous en avons visité quatre avant d’en trouver un qui avait l’hebdo du PCF des P.-O.. Le diffuseur de presse nous l’a cédé à contre cœur, car l’unique exemplaire qu’il reçoit est destiné à un habitué.
Il y a une différence essentielle entre les deux articles. Le Petit Journal prend ses responsabilités. Il cite les noms des personnes qu’il met en cause. Craignant que ses propos outranciers l’exposent au risque de poursuites judiciaires, l’hedo communiste ne cite ni le nom du Petit Journal, ni le nom de l’auteur de l’article.
Passons sur le long couplet d’introduction consacré aux glorieux combats du Travailleur Catalan : « Au fil des années, il a porté les luttes de libération des peuples, la paix, le combat incessant contre toute forme d’oppression… »
Arrivons vite au plat de résistance. Un régal ! « Certains, pire, avancent masqués et déballent une pensée nauséabonde, populiste, fascisante, prêts à tout pour vendre une édition, prêts à vendre l’honneur d’un titre de presse, prêts à s’asseoir sur la raison, sur la déontologie, sur la confraternité du monde de la presse.
N’oublions pas que la liberté de cette presse a été un long et douloureux combat mené tout au long des XIX et XXe siècles. Interdiction, emprisonnement, censure : tout journaliste, éditorialiste, directeur de publication a été menacé et certains d’entre eux ont connu la justice, l’interdiction, la prison. Tout cela a forgé une confraternité qu’aujourd’hui certains bafouent.
Mais non, le TC n’est pas un journal de mafieux, de racketteurs, de pompe à fric pour un parti auquel il doit sa création. Non, le TC n’entrera pas dans la polémique, ne se mesurera pas à l’infamie, ne cèdera pas à l’intimidation. Il poursuivra son combat contre l’abjection, l’ignominie qui nie la créativité, le bonheur, l’émancipation. Il luttera encore et toujours le voile qui pèse sur la compréhension du monde, sur la nécessité du combat politique.
Nous ne jouons pas dans la même cour. Il y a les petits, les mesquins, les pisse-lignes de bas étage. Il y a ceux qui veulent tuer la presse, bas et vautrés dans les poubelles de l’information. Tous ceux-là sont des imposteurs, ce ne sont pas des journalistes.
Le TC s’est toujours battu dans sa longue histoire. En face, il y avait bien plus prédateur que ces crabes de l’information. Il y avait la clandestinité, la tête haute dans l’ombre de l’abjection anticommuniste, dans l’ombre de la résistance à l’oppression.
Messieurs de cette presse de caniveau dégueulasse, sachez-le ! Plus d’un avant vous a essayé de tuer le TC, sans y parvenir. Là où est votre intention, même les nazis n’y ont pas réussi durant l’occupation. Jamais vous ne ferez taire le TC, car il porte un idéal, car il mène un combat juste qui vous dérange. Sachez-le ! Il a l’éternité devant lui, de celle qui un jour libèrera les consciences de vos pattes avilissantes et funestes."
Gros titre : Le TC ne cèdera pas aux pressions.
C’est magnifique non ! Ce n’est pas tous les jours qu’on lit ça !
Sébastien Pouilly oublie juste une petite chose, les faits. Il les cache à ses lecteurs. Evidemment !
Le communisme est une religion. Ceux qui y croient considèrent que toute critique est une attaque qui vient des ennemis. C’est tout bêtement la logique totalitaire. Nous voulons le bonheur du peuple. Tous ceux qui s’opposent à nous sont donc des ennemis du peuple. Il ne reste qu’à les anéantir. C’est tout le discours de Sébastien Pouilly. Son idéologie porte en elle la haine de la démocratie. Mais comme il n’a pas de char, pas de goulag et pas de stasi, il fait avec ses mots, ses insultes….
Aujourd’hui on peu presque en rire. Mais à Cuba, en Corée du Nord, en Chine…ça rigole pas. En prison les ennemis du peuple.
Les Sébastien Pouilly, les Jean Vila et les Nicolas Garcia, nous font encore plus aimer la démocratie.
Mais si maintenant les communistes se mettent à vouloir défendre la liberté de la presse, que Jean Vila, maire de Cabestany, vice président du conseil général demande à Bourquin d’en finir avec le blacklistage des journalistes, d’en finir avec l’argent public dont on arrose certains et dont on prive totalement d’autres.
Personne ne veut tuer le Travailleur Catalan. Rappelons qu’il y a belle lurette que le PCF n’aurait plus de quotidien si L’Humanité n’était pas, de loin, le premier bénéficiaire des aides gouvernementales à la presse. Dans quel pays communiste a-t-on vu une situation comparable ?