A huit jours d’écart, deux importantes affaires ont été jugées par un tribunal correctionnel. Le 1er décembre, la fraude à la chaussette à Perpignan et, le 8, le délit de favoritisme dont répondait Christian Bourquin, au palais de justice de Bordeaux.
Si L’Indépendant a fait une bonne place au procès de la fraude électorale qui s’est déroulée lors des municipales de 2008, il a fait le service minimum dans l’affaire impliquant Christian Bourquin, sénateur, président du conseil régional et homme fort du conseil général des P-O. Regardons ça de plus près.
L’affaire des chaussettes a été traitée dans quatre numéros, trois fois à la une, avec des gros titres, et un volume rédactionnel conséquent, deux pages et une demie.
Le 29 novembre, deux jours avant le procès. Gros titre à la une : « Chaussettes : l’affaire vers son dénouement ». Page 3 entière.

Le 1er décembre, article en page 5 : « L’affaire de la chaussette jugée aujourd’hui ».
Le 2 décembre, « Chaussettes : sursis et non-lieu requis » avec grande photo à la une. Pleine page en en page 3.

Le 3 décembre, l’affaire occupe le bandeau de une : « Ici on fait voter les morts ».Une demie-page en p.8.

Regardons maintenant comment le procès de Christian Bourquin a été traité.
Le mercredi 7 décembre : « Rivesaltes : le Mémorial relancé », ce titre et une grande photo occupent le ventre de la une. En page 3, une interview de Bourquin dans lequel on apprend que la Région va reprendre le projet de Mémorial (en panne depuis 2005). A la veille de son procès, Bourquin fait une annonce importante, un coup de com. Il faudra un jour faire le bilan de l’utilisation électoraliste et politicienne que Bourquin a fait de la mémoire des martyrs et des internés au camp de Rivesaltes. Et que dire du concours que notre unique quotidien départemental lui apporte ?

Le 8 décembre, jour du procès. Rien à la une. Papier de présentation survolant l’affaire en page 5.
Le 9 décembre, à la une, dans la colonne de droite, sous la manchette, « Favoritisme : prison requise contre Bourquin. Il faut aller en page 15 pour trouver l’article.
La même semaine, L’Indép a deux fois fait la une sur la nomination de Pascal Deroeux à la direction de l’USAP.

Bilan : le procès de Bourquin n’a jamais eu droit au ventre ou au bandeau de une. Trois fois pour les chaussettes. Une page de rédactionnel d’un côté, deux pages et demie de l’autre.
En la reléguant au second plan, on minimise une affaire grave dont l’auteur présumé a déjà été condamné par la justice. Ce qui n’a pas été rappelé. Bien des choses ont d’ailleurs été passées sous silence. Car si la première affaire a été approfondie, l’autre a été survolée.
Tout cela est-il indépendant du poids publicitaire du plus gros annonceur départemental et régional ? Nous avons le plus grand mal à croire que l’attitude qu’adopte L’Indépendant à l’égard de Bourquin réponde uniquement à des considérations journalistiques. L’élu prive de publicité les rares titres qui entendent être fidèles à leur devoir d’informer et il arrose ceux qui y renoncent.
Midi-Libre a encore fait mieux que L’Indépendant en n’envoyant pas de journaliste à Bordeaux et en se satisfaisant des dépêches de l’AFP. Voir l’article de montpellierjournal : http://www.montpellier-journal.fr/2011/12/ailleurs-la-presse-raconte-un-autre-proces-de-christian-bourquin.html
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